Daphné serra au Francofolies de Spa : Le Funambule

04/05/2007

Daphné serra au Francofolies de Spa

Daphné sort "Carmin"

 

daphne1

 

Daphné n’est pas une femme. C’est une herbe folle que fait siffler le vent, un champ de coton à elle seule… Avec ce second album Carmin, aux tonalités hémophiles, elle nous invite à plonger la tête la première dans des sommeils abstraits, parsemés de rêves et de cauchemars. On se perd sans retenue dans les allées mélancoliques et poétiques de ses chansons étranges. On accepte tout. On se laisse faire. Et on rêve aussi.
Il est difficile de savoir par quel bout prendre ce désordre d’émotions dans lequel la voix de la jeune femme tutoie nos cordes les plus sensibles. Plus convaincante dans la douceur que dans l’espièglerie, Daphné murmure des histoires de Phénix, de rhinocéros qui danse (Déclaration à celui), de mots toupies ou d’homme piano.
Quand on se sent trop paumé, on essaye de se raccrocher à ce qu’on connaît déjà… On pense alors à d’autres artistes tout aussi indéfinissables : Björk (principalement sur le magistral Big Daddy Boy), Camille (plus pour l’absurdité de certains textes que pour la tentative a capella des Yeux commanches) et Kate Bush (pour la voix de porcelaine brisée).
Daphné chante l’invisible et nous laisse faire les illustrations. On ne comprend pas tout, mais on reçoit l’essentiel, un souffle inespéré de poésie qui nous fait basculer dans l’imaginaire. Finalement, c’est peut-être Mourir d’un œil, la plus belle chanson de l’album, qui répond le mieux à cette douce sensation d’abandon. Daphné y susurre : « Je ne veux pas qu’on s’épuise à tout m’expliquer / Laissez moi des surprises / Laissez-moi rêver… ». Oui, laissez-nous rêver…

 

Daphne

 

http://www.myspace.com/luniversdedaphne   

Les commentaires sont fermés.