En Concert chez nous Dominique A : Le Funambule

14/03/2006

En Concert chez nous Dominique A

Il y a toujours des questions à se poser au bout de tant d’années et d’accouchements musicaux. Il y a toujours, à la sortie d’un nouvel album, des tracs et des espoirs à mélanger. A quelques jours de la sortie de L’Horizon, Dominique A est pourtant d’une sérénité rarement croisée. Un quelque chose d’apaisé qui se prolonge depuis la conception de ce disque, un quelque chose d’évident : “Je ne me suis pas posé la question du renouvellement, je voulais même que ce disque soit presque redondant, limpide et surtout très frontal dans le rapport guitare-voix. J’ai fait ça avec Dominique Brusson, le co-producteur avec qui j’avais fait Remué. On voulait un son plutôt moelleux, enveloppant, presque cocon. J’aimais bien l’idée que les musiciens interviennent par moment, que ce soit très pointilliste, pas toujours dans une dynamique de groupe qui joue tout le temps ensemble.”

Si l’artiste évoque la redondance, cela n’a rien d’étonnant. Ce nouvel album est une jolie synthèse des six précédents, comme si le tour de L’Horizon était aussi celui du propriétaire. Les registres sont visités au fil des chansons en évoquant les disques précédents sans jamais les copier, un simple renvoi qui ne manque pas d’aller plus loin. Et puis il y a cette tranquillité que Dominique A avoue et qui fait clamer à la presse que cet album est le plus personnel : “Et pourtant, à part Rue des marais, ce n’est pas spécialement autobiographique, c’est plus fictionnel. Il y a par exemple pas mal de chansons maritimes, alors que je ne suis pas du tout un gars de la mer. Le côté personnel vient plus du sentiment et de la façon de faire. J’ai presque un rapport très enfantin avec tous ces titres : ils sont à moi !”

Le goût du détail

Pour ce disque, Dominique est son propre producteur. Une volonté de reprendre les choses en main, d’être plus libre et plus responsable du rendu. Evidemment, le plaisir prend une autre dimension. Il s’autorise par exemple à aller explorer des voix mourantes ou narratives qu’on lui connaissait peu, ou à éclater les formats en signant des titres de plus de sept minutes : “Au départ, je voulais faire un album de huit morceaux longs. Puis, je me suis rendu compte que c’était trop sclérosant. J’ai du mal avec les concepts, j’aime bien l’idée que cela devienne une auberge espagnole.”

Le résultat est plus que réussi. Il y a là-dedans un côté très épuré qui flirte avec une richesse subtile. Les touches de cuivre se marient avec le diffus envoûtant de la musique. Il y a ce goût du détail soigné, ces interventions discrètes des instruments ou des sons à des arrière-plans pourtant bien existants. On sent que l’ensemble n’est pas mis au service d’une mélodie, mais d’un climat. “Ca me ravit parce que je pense qu’on s’attache plus à une atmosphère qu’à une mélodie dont on se lasse plus vite. La palette d’émotions est plus large. A la base des morceaux, je mettais quand même pas mal d’arrangements et, avec Dominique Brusson, plutôt que de se dire qu’on arrêtait pour laisser de la place aux musiciens, on poussait la chanson à bout. Plus on avançait, moins il y avait de place. Du coup, il fallait vraiment que ce soit des détails, des touches qui enrichissent le propos musicalement sans le changer.”....

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